TEMOIGNAGE DE FLORIE VALLET

Témoignage de Florie Vallet, infirmière, partie comme volontaire fin 2013 pour 6 mois à l’Hôpital de Kabinda

Je m’appelle Florie, j’ai 23 ans. J’habite à Metz en France, où j’exerce en tant qu’infirmière depuis 3 ans maintenant.
L’idée de partir en mission humanitaire naquit en moi durant mon enfance. Proche de la Communauté des Béatitudes depuis de longues années, je connaissais déjà l’existence de la maison de Kabinda lorsque ma titularisation professionnelle me permit de me libérer durant quelques mois. Brûlante du désir de vivre une expérience personnelle, humaine, professionnelle et spirituelle, j’entrepris mes démarches en juillet 2013. Par providence, quelques dix semaines plus tard, je prenais mon envol pour six mois à Kabinda…

Dépourvue d’attentes précises, si ce n’est celle de répondre à un appel qui résonne en moi comme une évidence, je me laisse surprendre par un pays dont j’ai tout à découvrir.
Au delà des sourires et de l’accueil chaleureux de ses habitants, je reste sans voix devant la misère qui y règne et que je côtoie chaque jour par le biais de l’hôpital notamment.
C’est en pédiatrie, service dont le nombre d’enfants hospitalisés s’élève en moyenne à 150, que je choisis d’exercer. Parmi de nombreuses et diverses pathologies, c’est le paludisme et la malnutrition qui prévalent. Chaque jour, de nouveaux enfants arrivent dans des états graves, et parfois, bien trop souvent, il est trop tard. Dans mon travail quotidien, j’essaie progressivement d’amener le soin à plus de rigueur en axant mes efforts sur l’hygiène, l’organisation et la formation des stagiaires infirmiers. Comprendre, apprendre, communiquer, s’adapter, prendre du recul … beaucoup de recul. Quelle école de vie fut cette expérience humaine !

La vie à la Communauté fut un vrai soutien. Les frères et sœurs, riches de leur expérience et de leur diversité, toujours pleins d’attention à mon égard, m’ont aidée plus d’une fois à vivre des instants difficiles. Nos partages furent aussi ceux d’une vie dépouillée au sein d’une nature à apprivoiser, où le quotidien, rythmé par les offices de la liturgie des heures, se vit dans la simplicité, la foi incarnée et la joie de servir.

Parmi tant de souvenirs tout en couleurs et émotions, je citerai cette pittoresque route pour arriver à destination, ces messes pleines de vie et de joie, cette fraternelle récolte d’arachide, ces orages à en couper le souffle, ou bien encore le sourire de cet enfant précédemment malnutri qui quitte l’hôpital après des semaines de prise en charge …

Le don est vraiment source de vie ! Ici ou là-bas, par la prière ou sur le terrain, d’une façon ou d’une autre, Kabinda a besoin de nous, et de nous tous. N’oublions pas nos frères !

Florie Vallet

Article paru dans Troas n° 66 de décembre 2015