TEMOIGNAGE DE M-CL PROVOST

Je m’appelle Marie-Claire Provost. L’un de mes frères, qui est handicapé, a fait naître en moi la passion pour ce beau métier de kinésithérapeute.
J’ai fait mes études de kinésithérapie à Bruxelles et mes stages à Leuven (Louvain) où j’ai rencontré mon mari. Nous avons 4 enfants et 10 petits-enfants. Une fois dans la vie professionnelle, je me suis formée en thérapie manuelle et lorsque ma pratique s’est améliorée, tout en exerçant ma profession, j’ai formé des équipes de kinésithérapeutes dans des centres de rééducation en France.

Lorsque l’AAI m’a proposé d’accompagner les docteurs Thiery et Kibambe, orthopédistes, pour une mission à l’hôpital de Kabinda en août 2013, je me suis sentie, immédiatement partante : en fin de carrière j’avais le rêve de partager tous mes acquis et mon expérience professionnelle.
Ma mission consistait à mettre sur pied un service de kinésithérapie et à former deux infirmiers afin d’y travailler comme kinésithérapeutes.
Les premiers jours, je dois le reconnaître, ce fut le « choc » :
• Choc psychologique : suis-je capable de « rejoindre » ces patients vivant dans la misère et le manque d’hygiène ?
• Choc existentiel : serais-je capable d’être « avec », humainement et professionnellement ?
• Choc personnel : mon confort habituel ne va-t-il pas me manquer ?
• Choc professionnel : il fallait démarrer avec si peu…!
Et pourtant… au fil des jours, ce fut une expérience tellement riche. J’ai rencontré là-bas des médecins africains humains, généreux, courageux et super motivés pour apprendre !
J’ai rencontré un personnel infirmier investi malgré les conditions de travail parfois si difficiles……
J’ai été profondément touchée par la chaleur humaine des patients, leur courage et leur « rage » de vivre : ils m’offraient à chaque rencontre une bonne dose d’enthousiasme dont j’avais besoin pour continuer ma journée ; ils me faisaient « grandir ».

La mission est maintenant bien lancée, elle doit être poursuivie… La suite se dessine grâce à la générosité de beaucoup de gens de tous bords : Oui, ce Dieu Amour est bel et bien présent, à l’hôpital de Kabinda comme dans la communauté des Béatitudes où, heureusement, je pouvais me ressourcer régulièrement et surtout « rendre grâce ».

Extrait de Troas n° 65